
Combien de plombs emporter selon sa combinaison et l'eau où l'on plonge
Un plongeur en combinaison humide de 7 mm emporte en mer, selon une règle d'usage des moniteurs, autour de 10 % de son poids corporel en plomb ; en eau douce, il en retire 2 à 3 kg. Ce point de départ du lestage en plongée se corrige ensuite par un test de flottabilité en surface, gilet vide et bouteille presque vide.
Pourquoi le lestage compte autant en plongée sous-marine
Le lestage sert à une seule chose : compenser la flottabilité positive de tout ce qui flotte sur vous, c'est-à-dire le corps lui-même, le néoprène, le gaz contenu dans le gilet stabilisateur et parfois le bloc. Sans plomb, on ne descend tout simplement pas en tenue épaisse. Avec trop de plomb, on coule comme une pierre et on doit gonfler son gilet pour rester stable, ce qui place le corps à l'oblique, augmente l'effort de palmage et la consommation.
Un lestage juste a donc une fonction de sécurité autant que de confort. Le surlestage est un facteur d'essoufflement, et l'essoufflement est l'un des accidents que l'on cherche à éviter en premier en plongée. Le sous-lestage pose un autre risque, plus discret : au retour, quand le bloc s'est allégé, il devient difficile de tenir le palier de sécurité à 3 ou 5 mètres et l'on peut remonter trop vite. La page sur la durée et la profondeur des paliers de décompression rappelle pourquoi cette dernière étape ne se négocie pas.
La quantité de plomb n'est jamais une valeur générale que l'on recopie d'un camarade. Elle dépend de la morphologie (la masse grasse flotte, le muscle coule), de l'équipement porté et du milieu dans lequel on plonge. C'est pour cela qu'elle se recalcule à chaque changement de matériel.
Comment choisir son lestage selon sa combinaison
La combinaison est le premier facteur. Le néoprène est une mousse remplie de petites bulles de gaz : plus il est épais, plus il flotte. Une combinaison humide de 3 mm demande peu de lest, une semi-étanche de 7 mm avec cagoule en demande beaucoup plus, et une étanche dépend surtout du sous-vêtement porté et de l'air qu'on y laisse. Pour choisir l'épaisseur adaptée à la température de l'eau, voir quelle épaisseur de combinaison retenir selon la saison.
Le tableau suivant donne des ordres de grandeur couramment enseignés en club, pour un adulte de corpulence moyenne en eau de mer, avec une bouteille acier. Ce sont des points de départ, pas des résultats : seul le test de flottabilité décrit plus bas dit le poids qui vous convient.
| Équipement porté | Point de départ en eau de mer | Correction en eau douce |
|---|---|---|
| Maillot ou combinaison humide de 3 mm | 2 à 4 kg, parfois moins | retirer 1 à 2 kg |
| Combinaison humide de 5 mm | environ 6 à 8 % du poids corporel | retirer 2 kg environ |
| Combinaison humide ou semi-étanche de 7 mm avec cagoule | environ 10 % du poids corporel | retirer 2 à 3 kg |
| Étanche avec sous-vêtement épais | 10 % et plus, selon le sous-vêtement | retirer 2 à 3 kg |
Un néoprène neuf flotte davantage qu'un vêtement qui a déjà fait une saison : la mousse se tasse avec le temps. Il faut donc refaire un test après l'achat d'un nouvel équipement, même si la taille et l'épaisseur n'ont pas changé.
Eau de mer ou eau douce : la physique du lest
L'eau salée présente une densité plus forte que l'eau douce : environ 1,025 contre 1,000. Elle porte donc mieux le corps. La poussée d'Archimède augmente d'environ 2,5 % du volume déplacé, ce qui représente, pour une personne équipée d'environ 100 kg, quelque 2 à 3 kg de lest supplémentaires dans l'océan. À l'inverse, celui qui a réglé son lestage sur la côte et part en lac ou en carrière se retrouvera surlesté s'il garde la ceinture inchangée.
La salinité varie aussi d'une mer à l'autre. La mer Rouge, plus salée que la Méditerranée, demande souvent un ou deux kilos de plus, tandis que la Baltique, peu salée, se rapproche de l'eau douce. Lors d'un voyage, le premier jour sert donc à vérifier le lestage avant de partir sur des sites plus profonds, surtout si l'on a changé de milieu marin et de matériel en même temps.
La bouteille fait varier le poids pendant la plongée
On l'oublie souvent : l'air comprimé a un poids. Un litre pèse environ 1,2 g à la pression atmosphérique. Une bouteille de 15 litres gonflée à 200 bar en contient environ 3 000 litres, soit près de 3,6 kg. En consommant 150 bar pendant l'immersion, on perd donc autour de 2,7 kg, et l'on devient plus léger à mesure qu'on respire.
Le matériau compte aussi. Un bloc en acier reste négatif une fois vidé, ce qui permet de retirer du plomb de la ceinture. Un bloc en aluminium, courant dans les centres de plongée à l'étranger, devient nettement positif sur la dernière partie de l'immersion, et il faut ajouter un à deux kilos pour compenser. Pour cette raison, le calcul du lestage se fait pour la fin de la plongée, bouteille à 50 bar environ, et non avec un bloc plein au départ.
La pression intervient de son côté : en descendant, le néoprène se comprime et perd de sa flottabilité. On devient plus lourd au fond et l'on compense en injectant un peu d'air dans son gilet. Si l'on doit beaucoup gonfler le stabilisateur au fond, c'est souvent le signe d'un excès de plomb : le plongeur leste trop.
Comment tester son lestage avant de plonger
Le test de flottabilité en surface reste la méthode la plus fiable, et il se fait en quelques minutes, en début de séjour ou après tout changement d'équipement :
- S'équiper complètement, combinaison, bouteille, détendeur et ceinture de plomb compris.
- Se placer en position verticale, sans palmer, dans une zone où l'on n'a pas pied.
- Vider entièrement le gilet stabilisateur et respirer normalement sur le détendeur.
- Avec les poumons pleins, l'eau doit arriver au niveau des yeux.
- En expirant, le plongeur doit commencer à descendre lentement.
S'il reste au-dessus de l'eau jusqu'au menton, il manque du plomb ; s'il coule poumons pleins, il y en a trop. On ajuste par 500 g ou 1 kg à la fois. Comme ce test se fait souvent avec une bouteille pleine, on ajoute ensuite environ 1 à 2 kg pour tenir compte de l'air qui sera consommé, ou mieux, on refait la vérification au palier de retour de plongée, manomètre à 50 bar : il faut pouvoir rester stable à 3 mètres, gilet vide, sans effort.
Noter le résultat dans son carnet, avec la combinaison, la bouteille et le type d'eau, évite de tout recommencer à la plongée suivante. Certains ordinateurs et applications permettent d'enregistrer ces données ; voir ce qu'un ordinateur de plongée pour débuter doit afficher.
Ceinture de plomb, poches intégrées ou harnais : où placer le lest
Le lest peut se porter de plusieurs façons, et sa répartition change la position du plongeur dans l'eau. La ceinture de lestage classique, une sangle nylon avec boucle inox sur laquelle on enfile des plombs pour ceinture, reste la solution la plus simple et la plus économique. Elle se largue d'un geste en cas de problème, ce qui en fait un équipement de sécurité à part entière. Les ceintures à poches, remplies de grenaille inox ou de plomb en sachets, sont plus confortables sur les hanches.
Les gilets à lest intégré disposent de poches largables sur les côtés, ce qui soulage le dos et libère la taille. Des poches de trim, placées plus haut sur le gilet ou sur la bouteille, permettent d'ajuster l'horizontalité : un plongeur qui a tendance à avoir les jambes qui coulent remonte une partie du plomb vers le haut du corps, un plongeur dont les pieds flottent fait l'inverse.
Une règle de répartition optimale tient en une phrase : une partie du lest doit toujours rester largable, et il ne faut jamais placer tout le plomb dans un endroit impossible à retirer rapidement. En chasse sous-marine ou en apnée, la logique est différente, car le plongeur doit être positif en surface ; mais en plongée bouteille, l'objectif reste d'être neutre au palier de fin.
Lestage mal réglé : quels risques d'accident ?
Un mauvais lestage n'est pas qu'une question de confort, il augmente le risque d'accident. Trop lourd, le plongeur perd le contrôle de sa descente, peut dépasser la profondeur prévue et s'épuise à lutter contre le courant avec un équipement mal équilibré. Trop léger, il risque la remontée rapide incontrôlée, l'un des facteurs reconnus d'accident de décompression. Pour mieux reconnaître ces signes, voir les symptômes d'un accident de décompression.
Le courant aggrave tout : un plongeur surlesté qui doit palmer contre lui consomme beaucoup plus et s'essouffle vite, avec des crampes de mollet ou de cheville fréquentes. Un conseil simple des moniteurs : lester juste pour pouvoir maintenir le palier, puis contrôler sa stabilité à chaque plongée, par une expiration lente et non par un coup de palme. Le muscle coule, la graisse flotte : deux plongeurs du même poids n'ont donc pas besoin de la même quantité de lest, et une femme, en moyenne plus riche en masse grasse, en utilise souvent un peu plus à poids égal. C'est une information utile à donner au centre au moment de la location du matériel.
Les erreurs qui faussent le calcul du lestage
La plus fréquente chez le débutant est le surlestage « pour être sûr de descendre ». Elle vient souvent d'une difficulté à vider ses poumons ou d'une appréhension au moment de la descente : on compense par du plomb ce qui relève de la respiration. Le plongeur passe alors sa plongée à gérer un gilet trop gonflé, et sa consommation d'air s'envole. Apprendre à équilibrer ses oreilles pendant la descente et à expirer calmement règle souvent une partie du problème sans ajouter un seul kilo.
Deuxième erreur : garder le même lestage d'une plongée à l'autre alors que le matériel a changé. Une tenue louée, un bloc aluminium au lieu d'acier, une cagoule ajoutée ou un passage d'eau douce en eau salée suffisent à décaler le poids de plusieurs kilos. Troisième erreur : ne pas tenir compte de sa propre évolution physique. Une prise ou une perte de poids corporel, surtout en masse grasse, modifie la flottabilité.
Enfin, avec l'expérience, on finit souvent par retirer du plomb au fil des années. Mieux palmer, mieux respirer et mieux contrôler son gilet permettent d'évoluer plus léger, plongée après plongée. Refaire le test de temps en temps, même quand tout semble aller, est donc une bonne habitude : le poids juste de l'an dernier n'est pas forcément celui d'aujourd'hui.

